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Philippe Charuel : “ Nous sommes des labos d'idées ”


«En venant à Issoudun, est-ce à dire que la Grande Loge de France cherche à recruter ?Je réponds aux demandes des loges. Il n’y en a pas à Issoudun, mais peut-être y a-t-il la volonté d’en créer une car il y a de nombreux frères qui y habitent. Nous ne recrutons pas pour recruter. Il y a trente-quatre ans, lorsque j’y suis entré, nous étions 14.000 répartis en près de 400 loges. Aujourd’hui, nous sommes 34.000, répartis en 950 loges.

Sur les réseaux sociauxLa franc-maçonnerie s’expose rarement et elle est plutôt secrète. Pourquoi cette soudaine ouverture ?J’ai été élu il y a trois ans, Grand Maître, et j’ai la volonté de transparence avec les nouveaux médias et les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de choses fausses qui s’écrivent et il ne faut pas que des croyances comme celles qui circulaient à la fin XIXe siècle dans les églises, à savoir que les francs-maçons faisaient des sacrifices humains, puissent circuler. J’ai donc accéléré cette ouverture en réalisant deux cents conférences.

« La franc-maçonnerie en grande loge au XXIe siècle » étant le thème de la conférence, est-ce à dire que les choses ont changé ?Non, mais il faut bien un titre. Cette conférence s’organise en trois temps : une introduction avec l’origine historique, son fonctionnement et les grands projets d’actualité. Nous nous en tenons à une approche humaniste et spirituelle.

Quel public vous attendez-vous à recevoir ?Ce sera un public très large. Il y aura aussi beaucoup de jeunes car nous développons notre communication sur les réseaux sociaux.

En trois ans, la moyenne d’âge est passée de 59 ans à 49 ans.

On dit souvent que c’est dans les loges que se trament les grandes décisions gouvernementales, c’est vrai ?Cela n’a jamais été vrai. Nous sommes des laboratoires d’idées. Ces réflexions sont ensuite portées par des parlementaires. Bien sûr, il y a un lien puisque cent vingt sénateurs et parlementaires sont francs-maçons. Il y a d’ailleurs une fraternelle parlementaire qui se réunit régulièrement.

On ne vous entend jamais sur la défense de telle ou telle idée. Est-ce une posture ?Ce n’est pas le rôle du grand maître. Vous imaginez bien qu’avec 34.000 membres, tout le monde ne serait pas d’accord. Mais nous savons rappeler nos valeurs quand il le faut, comme au second tour de la dernière élection présidentielle…

Tout le monde peut adhérer ?Autant qu’un homme soit libre et de bonnes mœurs.

Vous avez des enseignants, des professions libérales, des chefs d’entreprises… Des ouvriers aussi ?Bien sûr, ces professions y sont mais nous avons aussi des artisans, des pâtissiers, des agriculteurs… Avec leur franc-parler, ils apportent des témoignages à des personnes qui sont quelquefois prisonnières de leur milieu. Quand aux ouvriers, il y a trente-quatre ans, il n’y en avait pas. Nous avons plutôt des anciens ouvriers qui ont fait d’autres choses dans la vie.

Conférence « Être franc-maçon au XXIe siècle », par Philippe Charuel, aujourd’hui, à 19 h 30, au Centre de congrès Champs-Élysées, à Issoudun. Entrée gratuite.»

@ La N. R. ( La nouvelle Republique)

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