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Discours de Guillaume Trichard pour une République fraternelle

Mobilisation contre l'extrême-droite en France


Discours de Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France à l’occasion du rassemblement à Paris, Place Vauban, le 18 juin 2024, pour un sursaut pour une République fraternelle


Mes Très Chers Frères et Sœurs Conseillers de l’Ordre du Grand Orient De France,Mon Très Cher Frère Sylvain Zeghni Grand Maître National de la Fédération Française du Droit Humain,Mon Très Cher Frère Bernard Dekoker-Suarez Grand Maître de la Grande Loge Mixte Universelle,Ma Très Chère Sœur Christiane Vienne, Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France,Mes Très Chers Frères, mes Très Chères Sœurs,


Merci à vous, mes Très Chers Frères Passés Grands Maîtres du Grand Orient De France, Gilbert Abergel, Philippe Guglielmi, Jean-Michel Quillardet, José Gulino, Daniel Keller, Philippe Foussier, Georges Serignac d’être à mes côtés, pour faire front, en ce jour historique où les Francs-Maçons se lèvent pour dire non à l’inéluctabilité de l’accession de l’extrême-droite au pouvoir.


Merci à vous, mes Très Chers Frères, mes Très Chères Sœurs de Paris, d’Ile-de-France, et je le sais des quatre coins de France, et même de pays voisins, de vous être rassemblés si nombreux.


Ce soir nous sommes des centaines réunis ici, mais nous sommes des centaines réunis aussi à Montpellier, à Bordeaux, à Marseille, Nantes, Reims, Nancy… bref dans tous les Orients de France.


Et je vous informe qu’en Belgique, à la suite de notre appel, les Francs-maçons belges, se réunissent en ce moment même à Bruxelles afin de marquer leur solidarité avec les Francs-maçons français, pour défendre une cause commune, celle de la fraternité humaine.


Car le danger est désormais là. Il est imminent.


La République est au pied du mur. Au pied du mur de l’anti-République et des Anti-Lumières : le mur de tous les extrémismes et en particulier celui de l’extrême-droite qui est aux portes de Matignon, cette même extrême-droite qui combat les principes de liberté, d’égalité, de fraternité.


Sous couvert d’un marketing habile, méthodique et sournois, les allégeances et les orientations fondamentales de ce courant politique demeurent intangibles.


« Ordre Nouveau » fondé par des anciens Waffen SS puis « Front National » devenu « Rassemblement National », ce parti n’a pas changé, quand bien même son vocabulaire et ses postures ont pu évoluer, pour se rendre plus acceptable.


Comme un virus, la peste brune a muté, donnant naissance à un variant. Mais c’est bien toujours la même peste brune qui a sévi et continue de sévir dans le monde et a généré tant de régimes totalitaires.


Observez leurs alliances en Europe comme dans le monde ! Ils se retrouvent toujours avec les nostalgiques du fascisme et du nazisme, ce n’est pas un hasard !


Quel est le projet des adversaires historiques de la République, si ce n’est la xénophobie via la préférence nationale ; la remise en cause de l’État de Droit via la contestation latente ou explicite des organes qui le garantissent ; l’illiberalisme via la complaisance pour tous les régimes s’en réclamant, à commencer par la Russie poutinienne ; la dureté envers l’étranger, qui commence déjà par le vocabulaire en distinguant des « Français de souche » des « Français de papiers », à rebours de tout ce qui a fait de la France et de sa République des références pour les peuples qui se battent à travers le monde pour l’émancipation, les droits de l’homme et la dignité.


1789, 1792, 1848, la IIIe République, 1905 et la laïcité, 1936 et le Front populaire, la Résistance et le Conseil National de la Résistance : à chacune de ces étapes, l’extrême droite française était de l’autre côté, avec Déroulède, avec Maurras, avec les factieux du 6 février 1934, avec Pétain et sa clique collaborationniste !


Les Francs-maçons n’ont pas la mémoire courte.


Mais ils n’ont pas non plus la mémoire hémiplégique. Nous savons qu’à la fin du XIXe siècle, au moment de l’Affaire Dreyfus, une certaine gauche s’est vautrée dans l’antisémitisme, rejoignant ainsi les obsessions antisémites de l’extrême droite.


Depuis quelques années, on a trop souvent l’impression de revivre ce même scénario qui fait se rejoindre parfois les extrêmes dans une étrange et nauséabonde convergence.


Alors que les choses soient parfaitement claires et dites ici sans ambiguïté : les Francs-Maçons n’ont aucune complaisance envers la xénophobie d’où qu’elle vienne, envers le racisme et l’antisémitisme de l’extrême-droite ou envers le racialisme et l’antisémitisme d’une partie de l’extrême-gauche.


Oui, le racialisme est tout aussi condamnable que le racisme.


Cette idéologie de la race suscitera toujours la condamnation ferme des Francs-maçons car ils sont résolument universalistes et donc à l’opposé des idéologies identitaires, d’où qu’elles viennent.


Cela étant dit, je veux redire ici que l’urgence dans les jours qui viennent est d’empêcher l’extrême-droite de prendre la direction du gouvernement de la France. Il en va de la sauvegarde de la République et de ses fondamentaux. Il en va aussi de la sauvegarde de la paix dans le Monde.


Imaginez notre monde avec l’Argentine de Milei, la Russie de Poutine, la Chine de Jiping, l’Iran de Khamenei, la Hongrie d’Orban, l’Italie de Meloni, peut-être hélas demain les USA de Trump.


Rendons-nous compte si demain la France, un des derniers bastions de la démocratie et des libertés, était dirigée par l’extrême-droite de Bardella et de ses complices directs et indirects.


Oui les Anti-Lumières sont en action. A nous de les combattre, non pas seulement de les contenir, mais de les faire reculer. Et de les vaincre !


Mes Très Chers Frères, mes Très Chères Sœurs, l’heure de la grande épreuve a sonné !


Les Francs-Maçons, depuis si longtemps sentinelles de la République et gardiens de la fraternité universelle, seront – et se doivent d’être – de ce combat.


Car l’Histoire recommence et nous regarde.


Il y a 80 ans, exactement dans deux jours, le 20 juin 1944, des miliciens sortaient notre frère Jean Zay de sa cellule de Riom où il était emprisonné depuis quatre ans.


Arrivés près de la commune de Cusset dans l’Allier, ils le firent descendre de voiture, le firent marcher jusqu’à une crevasse appelée le Puits-du-Diable et le mitraillèrent sans pitié.


Il y a 84 ans, à la suite de l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle, le gouverneur du Tchad, Félix Éboué, notre frère, rejoignit la France Libre, et dit Non au régime collaborationniste de Pétain, à l’idéologie de la haine de l’extrême-droite.


Léopold Sendar Senghor disait d’Éboué : “Il est le lion qui est debout et qui a dit non”.


Soyons à la hauteur de tous les francs-maçons, résistants, suppliciés, tombés sous le joug de la barbarie nazie et du régime collaborationniste. Soyons dignes de nos frères Félix Éboué, Jean Zay, Pierre Brossolette… Soyons les lions debout qui disent non !


Partout, mes Très Chers Frères, mes Très Chères Sœurs, mobilisons-nous, dans la diversité de nos obédiences, dans la réalité et la fraternité de nos Loges, sur le terrain de nos villes et de nos campagnes.


Soyons à la hauteur face au très grand péril. Mettons-nous en ordre de marche pour dire non, frontalement à cette marée montante de l’obscurantisme, du populisme xénophobe et de ses promesses d’un grand bond en arrière.


A moi, mes Très Chers Frères, mes Très Chères Sœurs ! Êtes-vous prêts ?


Êtes-vous prêts pour ce combat ?


Il nous reste onze jours pour sauver la République de cette bascule vers le chaos démocratique.


Onze jours pour convaincre.


Onze jours pour aller dans tous les Orients de France et dire, dire et redire que l’extrême-droite est une impasse, un danger et la marche assurée vers le précipice.


Je compte sur vous ! La République compte sur nous.


Vive la République indivisible, laïque démocratique et sociale !Et vive la France !

 

Guillaume TRICHARDGrand Maître du Grand Orient de France


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